INTERVIEW: Noir Coeur – « On apporte autant d’importance à la musique qu’aux visuels qui s’y rattachent »

C’est au coeur de la ville rose que Karma Spirit a eu la chance de rencontrer Noir Coeur, le duo Toulousain qui monte. Ils nous ont accordé quelques minutes dans un café du centre ville. Occasion pour nous (et pour vous) d’en savoir un peu plus sur ces deux jeunes musiciens découverts cette année dans les sélections Inrocks Lab du Sud-Ouest, qualifiés  de « grande promesse de la nouvelle scène française » par les Inrocks, rien que ça.

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Alors on va commencer par une question qu’on doit régulièrement vous poser : Noir cœur, ça vient d’ou ?

Adrien : Alors, donc noir cœur à la base ça devait être l’album d’un de mes groupes de métal hardcore. Puis Philippe et moi avons discuté, on voulait un nom français, on a toujours eu des projets tournés un peu « mélancolique » avant, et la on se dirigeait vers quelque chose de plus joyeux. Du coup, on voulait un nom en opposition, et noir cœur marchait très bien avec le projet.

Quand vous faites vos chansons vous commencez d’abord par la mélodie ou par les paroles ? Quelques morceaux sont chantés, pas tous, mais pour vous lors de la création c’est quoi le plus important ?
Adrien : Disons qu’on commence souvent par les instruments, et on place les voix après. Mais ça dépend, la il y a de nouveaux morceaux ou Philippe commence par la voix justement pour essayer de changer, ça varie. Mais globalement la plupart des morceaux que l’on a faits se sont d’abord créés avec la musique d’abord.
Philippe : Justement on change vraiment de façon de procéder par rapport à la composition pour tester de nouvelles choses, pour voir ce que ça donne.

Vous restez quand même plus à l’aise avec la mélodie d’abord, puis ensuite les paroles ?
Philippe : Oui. En tous cas, c’est sur que les paroles c’est ce qui vient en dernier. On fait d’abord les mélodies, et on écrit les paroles après.
Donc quand vous chantez les mélodies vous chantez « n’importe quoi » ?
Adrien : Oui ça peut nous arriver, ou juste faire des voyelles. Parfois on fait des cris d’animaux aussi…

Vous avez une identité visuelle très recherchée, très construite. Quand on regarde vos vidéos ou vos photos, on comprend que c’est quelque chose d’important pour vous. Ce qui vous inspire pour tout cet aspect visuel c’est la musique ou bien d’autres arts, comme la peinture, la danse…
Philippe : C’est plutôt quelque chose de global en fait. On développe un univers qui comprend la musique mais on apporte autant d’importance à la musique qu’à la vidéo.
Adrien : Tout ce qui est graphisme, tout ce qui est vidéo vient de nous. C’est nous qui avons tout réalisés. On a tout fait nous même, on a vraiment voulu faire un projet global qui comprend de la musique, de la vidéo… un peu tout.

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(Photo par Baruto |バルト)

Dans votre dernier clip – CLT of water –, c’est très nature. C’est quelque chose qui vous inspire la nature ?
Adrien : Grave. Plus que la ville. C’est vraiment une passion. Dernièrement on a eu une grosse passion pour l’eau. Que se soit le visuel, que se soit le fait de s’immerger totalement dedans… on allait souvent dans des endroits pour se baigner…
Philippe : On reste des gens de la ville puisqu’on est toujours sur Paris ou Toulouse mais on aime justement se couper de la ville et partir dans la nature pour retrouver de vrais éléments, de vraies sensations.
Adrien : Quand on a tourné le clip CLT of water on est tombés sur des Hippies qui fumaient de l’opium tout nus dans des cascades et qui montaient aux arbres en s’embrassant.

Vous vous y êtes mis aussi ?
Adrien : à la nudité oui, grimper aux arbres pour se faire des bisous pas tellement (rires).

La il y en a un qui habite à Paris, et l’autre à Toulouse ?
Philippe : Moi j’habite à Paris et Adrien à Toulouse.

Et pour bosser, ça devient pas trop compliqué ?

Philippe : On a développé certaines techniques de travail qui se base sur de l’échange de dossiers qu’on fait évoluer ensemble. On s’échange nos idées avec ce système, ça nous permet d’avancer vite mais après c’est vrai qu’on a besoin de se voir pour finaliser les morceaux.
Adrien : On est souvent sur la route aussi. Moi j’ai mon appartement à Toulouse, mais je suis souvent à droite à gauche donc on arrive souvent à se croiser généralement sur Paris.

Du coup, vous êtes plutôt ville rose ou ville lumière ?
Adrien : Je sais pas trop, j’ai pas d’avis, j’aime bien les deux…
Philippe : Moi je commence à bien aimer Paris même si j’ai eu du mal parce que j’étais très attaché à Toulouse : j’y ai travaillé, monté tous mes projets… et la j’ai démarré mes études à Paris d’éco-gestion de projets musicaux pour bosser en tant qu’assistant de production dans tout ce qui est dans le milieu de la musique.

Vous vous connaissez depuis longtemps ?
Adrien : Ca va faire trois ou quatre ans ?
Philippe : Depuis 2011 je crois. Peut-être un peu avant. On s’est connus aux sélections du printemps de bourges 2011, on était sur le même plateau de sélection. Nos copines de l’époque se connaissaient bien, donc on a fait une espèce de « repas de couple » et on s’est bien entendus ; on a discuté musique et on s’est rendus compte qu’on avait envie tous les deux de partir sur quelque chose de plus électro, sur quelque chose de plus porté sur la vidéo, sur des visuels etc. Donc on a fait un premier essai dans une chambre, on n’avait pas de prétention première, on a juste fait notre truc ou on a sorti le clip avec les photos. On avait pas trop réfléchi avec tout ce qui était live etc. puis ça a bien marché.
Et donc un an après vous fesiez la première partie de the XX à Toulouse…
Philippe : Même pas un an, six mois. On s’y attendait vraiment pas !

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(photo par Fiona Terror) 

Lors de notre premier échange par mail, Philippe tu m’as dit à un moment que le nom Karma Spirit, ça vous parlait beaucoup. C’est quelque chose qui vous inspire aussi le karma ?
Philippe : Je suis grave intéressé par tout ce qui est karma. Je suis grave influencé par l’hindouisme et le bouddhisme. J’écoute beaucoup de musique du monde. On parle souvent de Karma c’est quelque chose qui nous intéresse.

Les 5 chansons qu’ils ont choisi de vous faire écouter pour la Playlist Noir Coeur:

1. Any Color You Like – Pink Floyd

2. Out of Sight – The Holydrug Couple

3. What Love – Jagwar Ma

4. Röyksopp – Eple

5. Yung Lean – Hurt 

Le groupe sera en concert à Bordeaux avec Cargo ce samedi 2 novembre. Par ici pour plus d’infos!

Vous pouvez retrouver Noir Coeur sur FacebookTwitterSoundcloud ou bien sur leur site officiel ici.

2 réponses sur « INTERVIEW: Noir Coeur – « On apporte autant d’importance à la musique qu’aux visuels qui s’y rattachent » »

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