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INTERVIEW: Hinds « Dans l’industrie de la musique on est tous traités d’égal à égal, c’est cool »

On vous en a parlé il y a quelques semaines dans un article, les jolies musiciennes de Madrid étaient hier soir en concert au pop up du label à Paris (d’ailleurs, c’est une salle vraiment trop cool avec des gens gentils et une programmation au top, que vous pouvez checker ici) et à cette occasion on a pu passer quelques minutes avec le groupe pour leur parler un peu plus de leurs futurs projets, d’émojis, de mac demarco et d’Europe.

Hinds

(De gauche à droite: Ana, Ade, Carlotta et Amber)

Pour commencer, pouvez vous nous en dire plus sur la sortie de vos futurs projet? Y’a-t-il un album ou un autre EP en chemin? 

Ana: Des gros projets oui! On travaille sur un album en ce moment, et on pense commencer à l’enregistrer en Avril en dans le sud de l’Espagne, et c’est vraiment le big deal pour nous. On commence déjà à se concentrer dessus. C’est bizarre parce qu’on est en tournée, on écrit et on compose, on sort des chansons au fur et à mesure et on les fait en live, tout ça en même temps. C’est un peu chiant parce qu’on a pas vraiment le temps de se concentrer pour vraiment écrire comme on le voudrait… enfin, on le fait mais c’est vraiment épuisant. D’un coté je pense que c’est une nécessité pour les petits groupes comme nous de jouer et en même temps composer, donner des aperçus aux gens qui viennent nous voir en live de ce sur quoi on travaille etc.

Vous savez quand l’album va sortir? 

Ana: Probablement en septembre, à la fin de l’été!

Vous avez passé l’été sur les routes, notamment en Allemagne, France, Espagne, Portugal, Angleterre… est ce que ce voyage vous a influencé dans votre écriture? Si oui, de quelle manière?

Amber: Oui! Vraiment! C’est le fait d’être loin de chez nous dans des villes différentes avec des vibes différentes etc. Je pense que ça se ressent dans les chansons que nous sommes en train d’écrire.

Ana: Ouais je pense aussi, ça nous influence parce qu’on gagne beaucoup en expérience. Je pense pareil qu’Amber, après ça se ressent pas nécessairement au niveau des paroles, on écrit pas vraiment sur ce qu’on vit en ce moment, mais nos mélodies sont très influencées par nos voyages ça c’est vrai. Quand Carlotta et moi on a commencé on écrivait des chanson pour le fun, mais maintenant en étant avec les filles sur la route, quand on écrit des chansons, on se voit les jouer dans différentes villes et on pense à beaucoup plus de choses.

Dans votre mini documentaire vous semblez dire que pour vous, jouer en France semble toujours un peu plus compliqué que de jouer dans des villes comme Londres, ou vous vous sentez plus chez vous, pourquoi?

Amber: C’est vrai que c’est toujours un peu plus difficile qu’en Espagne, ou les gens dansent beaucoup. En France on a l’impression que les gens préfèrent regarder et écouter, en Espagne les gens dansent donc c’est plus intimidant en France.

Ana: Je pense que c’est quelque chose qu’on ressent dans toute l’Europe, les gens dansent pas autant dans le reste de l’Europe qu’en Espagne ou les gens bougent et chantent beaucoup. À Londres ils dansent pas tellement (du moins pas devant nous) mais comme on commence à avoir une fanbase assez importante la-bas c’est toujours une fête quand on y joue, c’est pour ça qu’on s’y sent un peu comme chez nous maintenant. Après ça dépend, hier à Lyon par exemple on avait une bonne équipe! Les gens dansaient chantaient etc ils étaient saoul mais j’adore, c’était cool.

Vous avez rencontré The Vaccines et Mac Demarco l’année dernière, vous avez composé ensemble? Ou il vous ont juste donné quelques conseils?

Ana: Ouais on a recentré le groupe à Primavera Sound l’année dernière, d’abord le guitariste, puis le bassiste puis on a fini par tous les rencontrer. On a travaillé sur une chanson avec le bassiste, d’ailleurs elle sort en février! En fait on a enregistré avec un groupe qu’on adore et avec qui on est très proche qui s’appelle The Parrots. Ça sort bientôt. Ensuite Mac Demarco on l’a rencontré avec son groupe en novembre à un festival et c’était trop bien, ils sont tous trop cool.

Vous avez écrit ensemble?

Amber: Non, ils sont venus nous voir avec The Parrots qui jouaient avec nous, et Mac Demarco jouait aussi, et comme on connaissait son tour manager, je sais plus trop comment ça s’est fait mais on a réussi à les rencontrer en backstage et rester avec eux. Tout s’est bien emboité, dieu voulait qu’on les rencontre! C’était parfait.

C’est rare de voir un groupe autre qu’anglais percer sur la scène musicale indépendante Européenne, est ce que vous sentez une différence dans le rapport à la musique quand vous rencontrez des groupes dans d’autres pays comme l’Angleterre ou l’Allemagne?

Ana: Oui! Y’a deux jours on était à Toulon, y’avait un groupe anglais avec nous. Et vraiment on ressent une différence, pas forcément en tant que groupe mais en tant que personnes, et sur la manière dont ils vivent la musique et la vie en général. Tu sais on déteste les gens qui sont arrogants, qui arrivent comme si ils étaient les meilleurs: ils vont quand même aux toilettes, ils pleurent et ils dorment seuls comme tout le monde! Par exemple à Londres à chaque fois qu’on y va on se fait toujours plein d’amis, je pense que ça prouve que y’a des différences culturelles mais c’est jamais définitif tu vois ce que je veux dire? Y’a des cons partout, à Londres, en Espagne… mais on traine pas avec de genre de personnes.

Vous avez enregistré BARN à Berlin, c’était prévu de partir la bas enregistrer les chansons ou une occasion s’est présentée au moment ou vous étiez déjà sur place?

Amber: Berlin c’est vraiment une ville géniale. On a enregistré à Berlin parce qu’on avait gagné un prix à un concours Converse qui nous permettait de partir à Berlin enregistrer un single. C’était vraiment chaud parce qu’on a du enregistrer les deux chansons en un seul jour! Et pas une journée de 12 heures, plutôt une journée de 5 heures, donc c’était un peu expédié mais on s’est vraiment éclatés.
Ana: C’était notre première fois dans un studio d’enregistrement et on avait seulement commencé à jouer toutes les quatre ensemble depuis genre 2 mois donc c’était trop rapide. C’était une expérience géniale, c’était gratuit, on était avec des techniciens incroyables, dans un magnifique studio etc, mais c’était le rush. On aurait du être plus préparé.

Hinds 3

Quels groupes vous influencent ou vous ont influencé?

Ana: C’est trop long, beaucoup trop! Principalement Mac Demarco, les Black Lips… Fat White Family…
Amber: Personnellement je rajouterais les Arctic Monkeys en tant que batteuse, The Parrots…

Au delà de l’inspiration, quels sont les groupes ou artistes à ne pas manquer? Quels sont vos artistes favoris que vous aimeriez conseiller aux lecteurs?

Ana: Fat White Family!

Amber: Twin Peaks, ils sont nouveaux et ils ont un son particulier vraiment cool, on les a pas encore vu en live mais quand on les écoute on a l’impression d’être les mêmes personnes c’est drôle.

Ana: Cette question est ouf parce que j’ai envie de répondre que des artistes nouveaux, on en a un peu marre des « anciens » artistes qui font toujours la même chose, je trouve vraiment que la scène indie actuelle est vraiment exceptionnelle mais j’ai du mal à trouver des artistes comme Mac Demarco, on cherche beaucoup de nouveaux groupes et on a du mal à en trouver qui peuvent nous faire vibrer comme eux ou Fat White Family.

Vous avez du changer le nom du groupe la semaine dernière à cause d’un groupe canadien qui faisait pression, vous vous y êtes prises comment?

Ana: C’était un peu ennuyant car les gens qui nous connaissaient depuis le début et à qui on demandait conseils nous donnaient des noms auxquels ils avaient pensé depuis le début, ils se taisaient plus! Quand on leur demandait de choisir entre des suggestions qu’on avait déjà, ils nous sortaient des noms qu’ils avaient déjà en tête. On voulait garder le même animal, donc ça nous a un peu semblé évident de s’appeler Hinds.

Amber: On était un peu triste car le nom « Deers » renvoyait déjà à tellement de choses, on y était vraiment attachées. Après je pense qu’on a juste à s’habituer, dans deux mois on s’y sera toutes faites.

Sur une note moins sérieuse, c’est quoi votre émoji préféré?

Amber: C’est une trop bonne question! C’est trop dur de répondre… moi je pense que c’est le singe, et la baleine!

Ana: Le soleil! Et la baleine elle à l’air trop heureuse de vivre.

Questions des fans sur Twitter:

Est-ce que vous avez déjà eu l’impression qu’être un groupe de fille pouvait être un inconvénient dans l’industrie musicale?

Ana: Oui! Au début quand on a commencé à poster des vidéos sur internet ou sur les réseaux sociaux en général, dés qu’on avait un commentaire négatif, ça avait toujours un rapport avec le fait qu’on soit des filles. Les gens écrivaient « si vous êtes la aujourd’hui c’est parce que vous êtes passées sous le bureau ». C’était hyper vexant et sexiste. Après dans la vraie vie, non, parce que les gens qui nous disaient ça sur internet ont pas le courage de nous le dire en face! Donc toute la « négativité » du fait qu’on soit uniquement des filles se voyait juste à travers les commentaires sur internet. Dans l’industrie de la musique en revanche, tout le monde est hyper pro et on est tous traités d’égal à égal, c’est cool.

Un film ou un livre en particulier vous a déjà inspiré pour écrire une chanson?

Amber: Pas vraiment. Pas au niveau des paroles en tout cas, genre on écrit pas sur quelque chose de précis. Par contre je pense que parfois nos mélodies peuvent être influencées par des films ou des livres. Genre c’est plus facile d’écrire une chanson sur quelqu’un d’imaginaire genre « oh tu sais ce personnage dans ce film qui a perdu tous ses amis? » et ça nous aide à composer.

Beaucoup de groupes rêvent de jouer à Coachella et Glastonbury, c’est votre rêve aussi ou vous rêvez d’autre chose? 

Amber: Personnellement on préfère Glastonbury! Tous les groupes qu’on aime et qu’on écoute jouent la bas. Après notre festival préféré c’est Benicassim, c’est le festival de notre coeur tu vois ce qu’on veut dire? On y va tous les étés depuis qu’on a genre 16 ans, dans notre coeur notre rêve c’est Benicassim, ça veut dire plus pour nous que des festivals comme Coachella.

Des groupes ou artistes avec qui vous rêvez de collaborer le temps d’une chanson?

Amber: Twin Peaks!

LA PLAYLIST DE HINDS :

1. Twin Peaks – Making Breakfast

2. Curtis Harding – I Don’t Wanna Go Home

3. Fat White Family – Borderline

4. The Shivas – You Make Me Wanna Die

5. Mac Demarco – My Kind Of Woman 

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@Pauline

3 comments on “INTERVIEW: Hinds « Dans l’industrie de la musique on est tous traités d’égal à égal, c’est cool »

  1. Encore une super itw (surtout le passage sur Lyon évidemment), bravo bravo merci 🙂 🙂

  2. Superbe interview! J’ai trouvé les questions très pertinentes surtout celle sur la place des femmes dans l’industrie de la musique, je me suis deja posé cetre question vu que je trouve qu’on voit de plus en plus de femmes alors merci 🙂 Au passage leur playlist est top mais j’ai pas eu de coup de coeur pour leur musique à elles,même si ca reste très plaisant à écouter. Bonne continuation les filles x

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