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Interview: Pomme – Une pomme par jour pour éloigner le médecin

Karma Spirit a eu l’opportunité de passer un peu de temps avec la talentueuse Pomme. Venant tout juste de sortir son premier EP, la jeune chanteuse de 19 ans se produira dans quelques jours pour la première fois en tête d’affiche à Paris. Pétillante, et douce, elle nous raconte ses inspirations, ses influences, ses passions; un entretien à découvrir ci-dessous.

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Peux-tu te présenter un petit peu, ainsi que ton projet?

Mon projet s’appelle Pomme mais je m’appelle quasiment Pomme, je m’appelle Claire Pommet mais Pomme est un surnom qu’on me donne depuis le collège. Mes potes m’appelaient Pomme, du coup maintenant je l’utilise comme nom de scène depuis deux ou trois ans. J’ai commencé à faire des concerts dans des bars de Lyon, je suis Lyonnaise. De bars en bars, de rencontres en rencontres; j’ai d’abord fais un duo avec un artiste qui s’appelle Mathieu Mendez; c’est le duo qui m’a ouvert pas mal de portes, c’est grâce à ce duo que je suis arrivée ici à Polydor, c’est avec ce duo que j’ai été un peu médiatisée. Les gens ont commencé à se dire « C’est qui cette fille de 16 ans qui sort de nul part, qui n’a pas fais d’émission, rien? ». Du coup après la promo de ce duo, j’ai commencé à travailler avec Polydor. On a pris énormément de temps, parcequ’on en a et qu’on veut l’utiliser correctement et avoir le bon répertoire. Du coup, ça fait un an que je bosse avec Polydor et on a sorti l’EP il y a un mois et demi à peu près.

Quel a été ton processus de création pour ton premier EP En Cavale?

Je suis arrivée chez Polydor avec des chansons que j’avais déjà écrit et composé. Je leur ai fait écouté, il y en a qu’ils aimaient d’autres non. Ce qui est tout à fait logique puisqu’il y en a qui datait du collège par exemple. J’suis pas dupe est restée sur l’EP, c’est le premier single. Autour de ça on a fédéré un groupe d’auteurs-compositeurs qui ce sont inspirés de ce que j’avais déjà fais, de qui je suis, j’ai eu beaucoup de rendez-vous avec eux. Ils ont ensuite écrit en fonction de ce qu’ils percevaient de moi. Du coup je suis actrice et auteur-compositeur mais je suis aussi interprète de texte qu’on m’a écrit. C’est assez particulier comme processus mais je sens tout de suite quand je chante une chanson si je vais me l’approprier et si elle devient mienne, ou si ce n’est pas du tout une chanson pour moi. Il y a zéro règle, par exemple il y a une chanson qui s’appelle Ce Garçon est une Ville, qui sera sur mon album, qui est un poème d’un auteur qui s’appelle Abel K1 que j’ai mis en musique, parfois j’écris des textes sur des mélodies qu’on m’envoie. Mais c’est un travail d’équipe avant tout. Ils ne se connaissent pas forcément entre eux mais le lien c’est moi. Après, ils ne s’inspirent pas forcément de ma musique mais peuvent s’inspirer d’autres personnalités, ou de quelque chose que j’aime. Là par exemple j’ai rencontré un auteur, Mickaël de We Are Evergreen, et on aimerait bien faire quelque chose ensemble. Je ne lui ai pas trop parlé de mes influences musicales mais de mes goûts pour l’astrologie, les années 60. Je pense qu’il y a plein de thèmes à aborder et donc différentes clés et plusieurs influences. C’est donc un gros brouillon, entre ce que j’écris, ce que je compose, ce qu’on me compose, ce qu’on m’écris! Mais au final, il y a des chansons qui existent.

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Tu vas donner ton premier concert en tant que tête d’affiche à la fin du mois. Quels sont tes projets après cette date?

Oui, le concert en tête d’affiche est dans dix jours…

Ça va?

Non, pas vraiment *rires* mais j’ai eu la eu la chance d’être sélectionnée pour le Chantier des Francofolies, un accompagnement professionnel pour de jeunes artistes qui est organisé par les Francofolies et l’île de la Rochelle; donc ça me rassure un petit peu, car je me dis que j’aurais eu du temps et de l’espace et un cadre pour travailler ce concert. Ensuite je fais une résidence aux Trois Baudets, juste avant la date où j’ai trois jours pour me poser, pour travailler dans les conditions de la salle etc. Donc je me dis que si c’est de la merde, ce ne sera pas de la faute des gens et de mon entourage professionnel mais de la mienne. *rires* Mais j’ai un peu peur car c’est la première fois que je fais 45-50 minutes seule, mais en même temps j’ai hyper hâte car ça va être mon concert et je peux tout choisir, tout organiser, et je serais libre par rapport à ça.

Du coup, tu chanteras les quatre chansons de ton EP…

Oui, des chansons de l’album aussi, il y aura des invités donc on fera des duos.

Je fais des concerts tout le temps sans lien avec la sortie de l’album, sans planning. Je fais souvent des premières parties, j’adore être sur scène tout le temps, j’aime jouer et là le but en fait c’est de faire de plus en plus de concerts en tête d’affiche; des festivals… Je fais plusieurs festivals cette année: le 2 avril à Annonay, je vais à Alors Chante dans le Languedoc Roussillon début mai, Paroles et Musique fin mai, les Francofolies. Du coup pour la scène je ne m’arrête jamais, c’est un fil continu.
Et l’album on est en train de l’enregistrer, le seul « problème » c’est que j’ai toujours de nouvelles idées, je change souvent d’avis, de nouvelles chansons arrivent tous les jours. Du coup, on attend d’avoir 13 chansons qu’on aime à 100%. Il y aura les deux chansons de l’EP que je préfère et 10 ou 11 nouvelles chansons. J’aimerais écrire 1/4 de l’album, 3 ou 4 chansons. Je préfère sortir des chansons que j’aime, et dont je suis fière plutôt que de tout écrire et ne pas vraiment être contente du résultat.

Donc là en fait, on ne cherche plus le style, ou la direction dans laquelle on va mais on reçoit encore des chansons qu’on arrange. On a déjà enregistré, mixé, trois chansons — et à partir de ces trois chansons, on va en ajouter, qui seront cohérentes avec les trois déjà prêtes. Ça va être folk, mais un peu plus amplifié et électronique que l’EP. Moins épuré, sur l’EP c’était vraiment que guitare, banjo, tambourin, là il y a des synthés, des batteries.

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Quelles sont tes influences musicales? Il y a des artistes avec qui tu te sens proche musicalement?

J’ai plein d’influences mais ce ne sont pas forcément des artistes dont je me sens proche parce que malheureusement, j’aimerais bien chanter comme les gens que j’aime mais ce n’est pas le cas *rires*. J’ai beaucoup écouté de country américaine, j’ai eu une période au collège où je n’écoutais que ça: Dolly Parton, Emmylou Harris, Alison Krauss, Linda Ronstadt, Tammy Wynette, Loretta Lynn — j’écoutais toutes les chansons de country possibles. J’ai beaucoup écouté Camélia Jordana, Coeur de Pirate, Barbara, Edith Piaf, beaucoup de chansons des années 50, 60, 70; donc ça c’est la base de mes influences. Ensuite, j’ai des influences qui se rajoutent tout le temps. J’écoutais de la folk mais était moins sensible à ce style et puis aujourd’hui quand je réécoute les albums que j’écoutais au collège et je les trouve incroyable car je les comprend mieux. Je réalise qu’ils ont eu un impact sur moi, et je les écoute autrement. Je comprends les paroles désormais, donc Kate Nash, Leonard Cohen, je comprends ce qu’ils voulaient dire. J’écoute aussi des artistes un peu plus pop comme, Bastille. En ce moment je n’arrête pas d’écouter le dernier album de Sia — je l’écoute mais tout le temps. Au chantier (des Francofolies) j’ai découvert un groupe qui s’appelle Sage comme des Sauvages qui fais de la musique du monde, ils chantent en créole, c’est incroyable. Je pense que je suis ouverte à tout et capable de tomber amoureuse d’un groupe ou d’un chanteur ou chanteuse de n’importe quel style. Une chanteuse de mon âge que j’aime beaucoup sinon, c’est Flo Morrissey — on s’est rencontré récemment et elle est très particulière mais je la trouve tellement inspirante.

Vous vous ressemblez en un sens, vous avez le même univers…

Je t’avoues que ça fait deux ans que je la suis, et j’étais en train de baver sur ses photos instagram et depuis qu’elle a déménagé à Paris, on s’est croisé parce qu’on a des amis en commun. Et elle est vraiment particulière mais dans le bon sens du terme. Elle a 21 ans et tu as l’impression qu’elle a vécu quatre vies, elle est tellement inspirante.

J’adore Joni Mitchell, Joan Baez, les classiques folks et de country. Après je ne suis pas pointilleuse en country, je connais les artistes les plus connus. Sinon j’ai trouvé une chanteuse, Betty Cody, qui a fait une reprise d’une chanson traditionnelle amérindienne qui parle de la lune, et cette chanson je la chante au Trois Baudets le 29 mars avec un artiste qui s’appelle Sami Decoster, il a sorti un album de country-rock en français, qui est hyper beau. Et en fait, une fois par mois il a une carte blanche au Trois Baudets, ce qui fait qu’il peut inviter qui il veut sur scène. Du coup on va chanter Pale Moon de Betty Cody.

Tu rentres de Londres où tu y as donné un concert. Comment s’est passé la rencontre avec ton public anglais?

Alors c’était hyper cool. Je ne m’attendais vraiment pas à ça! Il y avait trois mecs qui sont venus d’une autre ville d’Angleterre pour me voir! Ils m’avaient découvert sur Spotify, car le site m’avait mis dans une playlist « Spotlight 2016 » et du coup J’suis pas Dupe leur ai apparu et finalement ça m’a permis de touché des personnes que je n’aurais pas forcément pu atteindre.
Il y avait une quarantaine de personnes dans le bar, et je me disais que personne n’allait vraiment m’écouter. J’avais hyper peur de chanter mes chansons en français dans un bar anglais. J’étais très angoissé mais au final ça s’est super bien passé. Il y eu deux chansons, la première Jane & John et la dernière J’suis pas dupe, où personne ne parlait, on m’écoutait. Pendant le show sinon c’était par vague, quand les gens voulaient écouté, ils écoutaient sinon ils étaient entre eux mais c’était super! Ils étaient adorables, je ne pensais pas que des personnes viendraient me voir. Par contre la prochaine fois, j’adorerais faire des premières parties avec Flo si elle a besoin d’une première partie ou des artistes indé, j’aimerai beaucoup faire ça. J’ai vu aussi qu’il y avait des lieux comme des églises où tu peux jouer — ce serait top de faire un co-plateau dans un endroit un peu exceptionnel. Ce serait super de retourner jouer en Angleterre.

As-tu d’autres formes d’expression artistiques qui t’influence?

J’aime beaucoup la photo. À Londres, on a vu pas mal d’expositions et en fait je suis en train de découvrir que j’aime la photographie. Ça ne m’avait jamais vraiment attiré mais là ça va faire 7 mois que je cherche des photographes sur le net, et que je m’intéresse vraiment à ça. C’est cool que tu m’en parles, la semaine dernière j’ai vu une expo, et je me suis rendu compte que ça me fascinait vraiment. J’avais oublié que c’était un art à la base, qui pouvait se faire exposé. À partir de maintenant, j’aimerai beaucoup voir plus d’expositions. Je suis en train de découvrir que j’adore ça. J’adore la peinture aussi, je ne connais pas les termes techniques ou quoi ce soit mais j’adore aux galeries permanentes. Donc peinture et photo oui. J’aime beaucoup l’écriture aussi. J’étudiais la littérature anglaise, je lis beaucoup de poèmes. En ce moment je lis beaucoup d’Emilie Brontë. J’aime beaucoup Marguerite Duras aussi, mais en fait j’ai tellement pas de fil conducteur dans ce que j’aime c’est affolant *rires*. J’aime des trucs complètement différents, même dans la manière dont je m’habille, dans ce que lis…

Mais au final, c’est ce qui fait que tu es toi…

Oui c’est ça!

Qu’est ce qui t’as fais réalisé que tu voulais poursuivre une carrière dans la musique?

Je crois que j’ai toujours fait de la musique, j’ai fait du solfège et du violoncelle quand j’étais petite. Mais le déclic s’est fait au collège quand j’ai écris des chansons en anglais, et que je les postais sur Youtube. En fait, ma première motivation, c’était le retour de mes amis et de mes parents quand je postais une chanson. Aujourd’hui avec notre génération, on peut obtenir une reconnaissance directement avec internet, de nos amis, de notre familles ou de personnes qui tombent sur nos vidéos. Je me suis rendu compte que ça plaisait. Mais avant ça je ne me voyais pas du tout chanteuse. Quand je me suis rendue compte que ça pouvait toucher des personnes, je me suis dis que je pouvais peut être en faire un truc — c’est à travers les personnes et leur retour que j’ai su en fait.  Je pense que j’étais animée de quelque chose mais c’est le retour qui m’a fait continuer car toute de seule je n’aurais jamais osé y aller vraiment.

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Et on ne pourrait pas terminer une interview Karma Spirit sans une playlist. Découvrez celle de Pomme ci-dessous:

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En Cavale, le premier EP de Pomme est disponible ici. Elle se produira sur la scène des Trois Baudets de Paris le 29 février prochain, pour vous procurez des tickets c’est par ici.

Soutenez Pomme sur twitterfacebook instagram

Good vibes, good karma. KS xx

Merci à Nina Veyrier de Polydor France pour l’interview.

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