Interview Amber Arcades: « Les chansons tristes ont le pouvoir de te réconforter. »

Amber Arcades a annoncé hier la sortie de son nouvel EP Cannonball prévue pour le 2 juin. L’occasion pour nous, de vous présenter la chanteuse avec une interview que nous avons réalisé il y a quelques mois alors qu’elle était de passage à Paris pour le MaMA Event.

Pour ceux qui ne la connaissent pas Amber Arcades, de son vrai nom Annelotte de Graaf est une musicienne néerlandaise. Elle a commencé à écrire des chansons en 2010 et a sorti son premier EP en 2012 mettant à l’honneur des ballades mélancoliques et folks. Voulant sortir de sa chambre, développer son son et le rendre un peu plus mature; elle prend contact avec le producteur de Beach Fossils; Ben Greenberg pour qu’il produise une collection de chansons qu’elle a écrit au fil des ans. Concernant son processus d’écriture: « Généralement ça commence dans ma tête; quand je suis assise dans le train ou quand je roule à vélo. C’est lorsque que je regarde dans le vide, et que je ne pense pas trop que les idées arrivent. C’est de la méditation pour moi. Bien sûr ça ne fait pas tout, mais ce sont les idées premières car tu as besoin de beaucoup plus de temps et d’attention pour en faire une chanson. Sinon, je me pose ensuite dans ma chambre avec ma guitare et j’essaye différents accords. J’écris tous les basiques, la mélodie et les accords: la structure de la chanson. Ensuite j’emmène tout ça à un producteur et on essaye différentes idées. » nous raconte-elle. 

En mai 2015, Annelotte voyage à New York pour enregistrer ses chansons dans le studio Strange Weather à Brooklyn, avec l’aide d’un supergroupe formé par les membres de Real Estate, Quilt et Kevin Morby. « Une fois nous étions à New York et nous avions deux journées off donc nous sommes allés dans un studio pour enregistrer de nouvelles chansons. Il y avait cette chanson, dont nous n’étions pas sûr. C’est pas que c’était mauvais, ce que nous avions fait c’est juste que ça n’a pas tout de suite fait tilt. Donc on a passé plus de temps dessus. C’est toujours compliqué quand tu sais qu’il faut changer quelque chose mais tu ne sais pas quoi. C’est bien d‘avoir un producteur à ses côtés qui puisse t’aider quand cela se passe. Quand tu écris tes propres chansons et que tu les joues avec ton groupe plusieurs fois, c’est difficile d’avoir un regard objectif dessus. Alors quand un producteur qui a un regard nouveau te dit par exemple de jouer la chanson à 10 bpm plus rapidement, que tu le fais, que ça marche, que c’est ça qui manquait c’est toujours gratifiant. Tout est une question de sentiment. » raconte-t-elle. Le résultat: une douce épopée qui est aussi rêveuse qu’ésotérique. Les mélodies pop flottent sur des sons de batteries saisissants. Au printemps 2016; la chanteuse sort Patiently, un EP comprenant plusieurs versions acoustiques des chansons de son premier album ainsi que de nouvelles compositions pop lo-fi: « Je pense que la plus grande émotion humaine est la peur. Ce n’est pas la meilleure des émotions mais c’est celle qui nous rend le plus fort, elle est vraiment intense. Par exemple, en politique, la peur est l’émotion qui est la plus facile à instaurer et à jouer avec. Elle permet de manipuler les foules et influencer leurs comportements et leurs choix. Pour la musique, je pense que l’émotion la plus intense est la tristesse. Les chansons tristes ont le pouvoir de te réconforter. »

Depuis toutes ces sorties, Annalotte et son groupe ont beaucoup été sur les routes: « L’album est sorti en juin dernier puis on a fait une tournée pour la sortie de l’album en Europe. C’était vraiment amusant. C’était la première fois qu’on se produisait en tant que tête d’affiche. On vient tout juste de rentrer des États-Unis, il y a quatre jours. Cette tournée avec Nada Surf est la chose la plus énorme et la plus cool qu’on ai fait depuis le début, à mon avis. J’étais déjà allée aux États-Unis mais jamais pour une tournée et on a vu beaucoup de choses du pays – il est tellement bizarre. On a été tellement occupé à jouer depuis la sortie de l’album, c’est génial. » nous dit-elle. 

Concernant ses chansons et le ressentit de ses auditeurs: « La composition est vraiment un procédé subjectif, qui varie beaucoup. Je ne sais jamais ce que cela va donner, c’est vraiment éclectique. Beaucoup de personnes m’ont dis que mes chansons étaient tristes mais en même temps elles leurs apportaient un sentiment d’euphorie.

Pour tout te dire, il y a deux concerts aux États-Unis, un homme est venu me voir après le show et m’a raconté qu’il avait perdu son père il ya quelques mois et que mon album l’a aidé pendant tout l’été à surmonter ça. C’est étrange mais tellement gratifiant. Je n’écris pas mes chansons d’une manière thérapeutique (comme intention) mais si une de mes chanson a pu aider quelqu’un à se sortir d’une mauvaise passe alors c’est incroyable. J’espère que cela peut aider quiconque vivant quelque chose d’horrible. »

Le conseil qu’elle pourrait donner à des jeunes artistes qui aimeraient se lancer dans la musique:

« Personnellement, c’était moi il y a un an! Je ne savais pas quoi faire, où aller. Je ne savais pas comment trouver un label, booker des concerts, comment faire une tournée, et tout le reste. 

J’aime beaucoup analyser les situations donc je me suis dis: Combien ai-je d’argent? / Où dois-je aller? / Qui pourrait investir? / Pourquoi?

J’avais des démos merdiques donc je ne pouvais pas envoyer ça à des maisons de disques parce que désormais, elles font attention au moindre détail: si ça pourrait vendre, etc. Je me suis donc dis qu’il était préférable d’aller voir un producteur avant d’emmener quoi ce soit aux maisons de disques. Ils n’auront pas à investir dans la confection d’un album vu que celui-ci est déjà prêt. Ce serait donc logique qu’ils soient plus apte à me suivre et que ce serait moins un risque pour eux. Comme j’avais l’argent; ça faisait dix ans que j’économisais pour ça, je me suis dis qu’il était préférable de payer le producteur pour travailler sur l’album.

Mon conseil serait qu’il faudrait faire l’album qu’on veut, par soi-même and après trouver un label qui aimerait le sortir. Parce que je pense que si tu le fais dans l’autre sens; trouver un label, puis écrire un album — le label trouvera toujours quelque chose à dire. Donc je pense que c’est mieux de tout faire à 100% par soi-même, puis trouver un label qui est prêt à t’accepter tel que tu es et qui veut t’accompagner dans ce que tu veux faire. »

La playlist Karma Spirit d’Amber Arcades:

Retrouvez toute la musique d’Amber Arcades ici. Soutenez-la sur twitterfacebook site officiel.

Un grand merci au Boogie Drugstore
Propos recueillis et photos par Inès Ziouane.

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