Rencontre avec Jade Jackson, le nouveau souffle de la country américaine

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Deux ans après la sortie de « Gilded », Jade Jackson revient avec « Wilderness », un nouvel album aussi puissant que romantique, chargé en maturité et en vécu, à l’image de son interprète. Rencontre avec une artiste qui mêle country et punk-rock à la perfection.

Tu as déjà un album à ton actif, mais pour celles et ceux qui ne te connaîtraient pas encore, qui est Jade Jackson ?

Jade Jackson est aujourd’hui un groupe. Pour ma part j’ai 27 ans, j’ai grandi dans une toute petite ville de Californie avec mes parents. Quand je rentrais de l’école, j’écrivais des chansons dès l’âge de 13 ans, j’en suis devenue obsédée ! Rapidement, j’ai commencé à apprendre la guitare, puis j’ai composé une première chanson et l’enchaînement s’est fait tout seul, je jouais dans des cafés, au coin de rues etc… et ce pendant environ 10 ans. Puis j’ai eu la chance de signer avec un label, j’ai monté mon groupe et nous sommes là aujourd’hui !

Est-ce que tu sais jouer d’autres instruments à part la guitare ?

Oui, en fait j’ai commencé au piano mais j’ai vite appris la guitar en autodidacte, et j’aime jouer de l’harmonica également !

Alors tu composes ta propre musique, tu écris tes paroles… tu es une artiste assez complète en somme.

Et bien merci ! J’ai beaucoup travaillé en collaboration avec mon groupe sur ce dernier album, notamment sur la partie instrumentale et tout ce qui s’y rapporte mais oui, je compose en grande partie.

Ton nouvel album « Wilderness » est sorti le 28 juin. En quoi se distingue-t-il de « Gilded », ton premier album ? As-tu gardé certaines choses, en as-tu changé d’autres ? As-tu changé toi-même ?

Je dirais que « Gilded » était davantage une narration des problèmes des autres, même si j’ai évidemment puisé dans mon expérience personnelle, c’est un album qui relève plus de faux-semblants. « Wilderness » est plus chargé du côté autobiographique, alors je le trouve plus honnête que le précédent.

L’influence country est indéniable quand on écoute tes morceaux. Quelle place ce genre occupe-t-il dans ta musique, et dans ta vie en général ?

Grâce à mon père, j’ai grandi en écoutant Johnny Cash, Buck Owens, Hank Williams, George Jones, tous ces grands de la scène country, mais mon père me faisait aussi beaucoup écouter The Smiths, Bauhaus, The Gun Club, The Cowboy Junkies, alors je dirais que c’est tout ce mix entre l’ancien punk et l’ancienne country, ce qui m’a fait grandir et a forgé mes goûts personnels. J’ai toujours considéré mon père comme mon héros, alors j’ai toujours gardé la musique qu’il m’a transmise près de mon coeur.

Y a-t-il des artistes qui t’ont particulièrement influencé lors de la création de ce nouvel album ?

Encore une fois, je pense que la musique transmise par mes parents m’a beaucoup inspirée. Mon père m’a fait découvrir Gram Parsons, Emmylou Harris, Lucinda Williams, Gillian Welch… je gravite constamment autour de tous ces artistes.

Mike Ness du groupe Social Distorsion a produit tes deux albums. A-t-il joué un rôle dans le côté plus punk-rock de ta musique ?

Oh oui, bien sûr. J’ai beaucoup écouté Social Distorsion quand j’étais au collège, alors c’était une influence avant même que nous commencions à collaborer. Il est obsédé par les tonalités de la guitare électrique et c’est quelqu’un de très méticuleux, il a tout de suite une idée du son qu’il veut produire. J’ai beaucoup appris sur la guitare électrique avec lui, moi qui ai toujours joué de l’acoustique, avec des sonorités plus folk.

Dans ta chanson « Bottle It Up », tu dis « Je n’ai pas besoin des mains d’un homme pour ouvrir le pot ». As-tu gagné en confiance dans ce nouvel album ?

Je me sens incontestablement moins timide et plus forte, bien dans ma peau, j’ai l’impression de n’avoir de comptes à rendre à personne. Je peux m’exprimer comme je l’entends. J’ai été si réservée et solitaire pendant tant d’années, je cherchais la validation et l’affection de tant de personnes, jusqu’à ce point de non-retour où j’ai réalisé qu’en fait, ça m’est égal si on m’apprécie ou non. Et une fois que mon énergie a changé, que j’ai arrête de chercher de l’attention, c’est là que les gens ont commencé à s’intéresser à moi ! Je ne suis pas forte tout le temps, mais j’ai carrément plus confiance en moi.

Tu as également traversé des moments difficiles dans ta vie, notamment après un accident qui t’a plongé dans la dépression. Est-ce que la musique a joué un rôle dans ta vie à ce moment là ? As-tu pu en tirer quelque chose de positif malgré tout ?

La musique m’a réellement aidé lors de ma dépression. J’avais écrit la chanson « Bridges » de mon dernier album quand j’étais vraiment au plus bas, déprimée à en mourir. Lorsque nous étions en tournée pour ce premier album, le public me faisait remarquer que cette chanson les a aidés dans des moments difficiles. Je me suis dit que si je partage ma douleur et que certains peuvent s’y identifier et se sentent un peu moins seuls, alors c’est ce que j’aimerais tirer de la musique que j’écris dans mes moments difficiles à moi.

Avec qui aimerais-tu collaborer dans le futur ?

Bruce Springsteen. C’est mon préféré de tous, le numéro un. Je ne me lasse pas de ses morceaux, c’est un compositeur hors pair !

Quelle est la suite de tes projets après la sortie de cet album ?

Nous avons mis en place une tournée européenne, prévue pour cet automne. Je monte sur scène à Paris en septembre !


Merci à HIM Média et au label ANTI pour cette interview.

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